Techniques et bénéfices apportés par l’algoculture
La culture d’algues et ses techniques
Au début de l’activité, de nombreuses techniques ont été utilisées à savoir culture sur piquets, floating système, radeaux avant de trouver celle la plus adaptée aux conditions et au contexte malgache. Aujourd’hui, les algues sont cultivées en utilisant la technique “off-bottom” ou “piquets- cordes”. Cette technique est la plus communément utilisée de par le monde et reste simple à mettre en place, peu coûteuse et efficace.
Ces algues ont un mode de reproduction végétatif. Le fermier sélectionne des boutures d’environ 100g qu’il viendra ensuite fixer sur une corde à l’aide d’un système appelé “Made Loop” du nom de son inventeur. Les cordes bouturées sont ensuite tendues entre deux piquets de bois solidement enfoncés dans le sable et positionnées au-dessus du substrat. L’ensemble des cordes bouturées formant des champs de culture bien ordonnés dans l’eau disposés et orientés dans des sites spécifiques propices à l’algoculture. Le cycle de culture varie entre 30 et 45 jours selon la saison et la taille des boutures, période durant laquelle le fermier passe dans ses champs à marée basse, pour effectuer les travaux d’entretien nécessaire au bon développement de ses algues. Le fermier récolte donc les algues matures à marée basse qu’il mettra ensuite à sécher sur des tables, en s’assurant d’en conserver une partie pour le renouvellement de ses cultures. Une partie du travail s’effectue à terre avec le séchage et la mise en sac des algues après contrôle. L’algoculture est véritablement un métier à part entière, rythmé par le cycle des marées.
C’est une activité difficile, soumise aux conditions climatiques qui apportent leur lots de désagréments (cyclones, algues paraites, ice-ice…) mais c’est une activité qui offre aussi de nombreux avantages et bienfaits pour les fermiers et l’environnement.
Les bénéfices de l’algoculture L’algoculture se pratique toute l’année offrant aux fermiers une source de revenus stable, ce qui n’est pas le cas de la pêche par exemple. L’activité n’est donc pas saisonnière et les valeurs de la famille prennent leur sens. Il n’existe pas de classe d’âge pour être algoculteur et certaines personnes âgées en retirent des revenus non négligeables. La femme joue un rôle prépondérant dans l’activité en assurant une partie du travail et les enfants peuvent aider leur parents pendant leur temps libre. L’algoculture est une petite industrie en soi où le fermier est indépendant avec un maintien des cultures traditionnelles locales. Sur le plan environnemental, la culture d’algues diminue les pressions exercées par des activités comme la pêche ou la collecte des produits marins. Elle contribue donc à préserver l’écosystème récifal et ses habitants. La pratique de l’algoculture requiert un environnement sain pour prospérer. Ainsi, cette activité agit comme un outil de sensibilisation sur la nécessité de préserver l’environnement marin et littoral. Les algues constituent aussi une source de nourriture pour les herbivores marins doublée d’une niche écologique et d’une zone de nurserie pour certaines espèces.
Contrairement aux autres activités de mariculture, la culture d’algues demande une régularité dans le travail afin de dégager des revenus à la hauteur de l’effort fourni. Tout le monde ne réussit pas dans cette filière. Le développement et la réussite de l’activité sont étroitement liés au facteur humain et à la dimension sociale qui lui est associée. IBIS Madagascar, a depuis longtemps compris cela et une équipe technique travaille de concert avec les fermiers pour leur assurer un suivi technique mais aussi social qui contribue grandement à la réussite et au maintien de l’activité.