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La production sur les sites

Chaque année, et ce depuis le début de l’algoculture, la production d’algues évolue à la hausse. Les années 2006 et 2007 n’ont pas échappé à cette règle avec des productions respectives de 892 et 1232 tonnes de Cottonii sur le site de Nosy Ankao et de 57 et 76 tonnes de Cottonii/Spinosum sur les sites de la Mer d’Emeraude et d’Ampasimadera.
De plus, l’algoculture, comme toute activité agricole, est soumise aux aléas du milieu naturel et les cyclones, l’ice ice ou encore les algues parasites ne nous ont pas épargné. Le travail d’IBIS et la professionnalisation des fermiers nous permet cependant de mieux gérer ces problèmes au fil des ans et ainsi garantir une durabilité de l’activité.

 


Nosy Ankao
Le site de Nosy Ankao dédié à la culture de la Cottonii voit une augmentation régulière de la production ces deux dernières années. Cette augmentation est le résultat du travail effectué par l’entreprise IBIS et les fermiers avec qui nous collaborons. De plus, l’augmentation du nombre de fermiers sur le site va de pair avec l’augmentation de la production. L’algoculture est une activité qui attire et où le rôle de la femme est prépondérant. La professionnalisation des fermiers constitue aussi un point essentiel dans l’évolution de cette production.
Il est important de noter la saisonnalité de l’activité. Ainsi 2006 et 2007 ont été marqué par un très bon premier semestre et un second semestre plus modéré. Les raisons de ces fluctuations au cours de l’année sont la conséquence de l’ice ice (phénomène de blanchissement et de dégénérescence des algues) et de l’envahissement par les algues parasites telles que Hydroclathrus sp. ou Chnoospora sp.
Le graphe suivant nous montre la production de Cottonii sur les deux années écoulées.
Nous pouvons clairement voir les variations au cours du temps et le caractère saisonnier de l’activité dicté par les aléas du milieu naturel. Cependant, notre connaissance évolue chaque année, ce qui nous permet de mieux maîtriser les divers problèmes, d’y parer et ainsi de limiter les fluctuations pour l’intérêt de tous.

 


Nous observons clairement une évolution de la production sur 2007 par rapport à 2006. Comme déjà expliqué précédemment, ceci est le résultat de la professionnalisation des fermiers, du travail effectué par les équipes IBIS mais il ne faut pas oublier non plus l’évolution à la hausse du nombre de fermiers qui viennent rajouter leur production mois après mois. Le tableau ci dessous apporte les différents éléments en terme de nombre de fermiers, de nombre d’unités dans l’eau pour voir l’évolution de la situation sur les sites pour les deux années écoulées.

 

Le tableau ci dessus nous permet de voir l’évolution de l’activité en 2006 et 2007. Ainsi, de 120 fermiers en janvier 2006, nous sommes passés à 256 fermiers en décembre 2007. De plus, le nombre d’unités dans l’eau a augmenté en parallèle du nombre de fermiers et il faut noter que le nombre d’unités par fermier est aussi en hausse. Ceci s’explique par la professionnalisation des fermiers. De plus, il est important de noter que le revenu moyen mensuel par fermier est passé de 37 US$ en 2006 à 46 US$ en 2007, soit une augmentation de 25% de leurs revenus. Il devrait en être de même pour l’année 2008 avec à nouveau une production qui doit évoluer à la hausse accompagné d’une hausse du prix d’achat à la plage (de 200 Ar/kg à 220Ar/kg en Octobre 2007 et 250Ar/kg à compter du 1er janvier 2008).

Mer d’Emeraude / Ampasimadera
En février 2006, une nouvelle espèce d’algue rouge a été introduite sur le site de la Mer d’Emeraude pour diversifier la production et limiter certains risques liés à la monoculture. Il s’agit du Spinosum ou Euchema denticulatum. L’introduction a été effectuée en collaboration avec le MAEP et a été un succès puisque la production évolue à la hausse au fil des mois. Le passage de la Cottonii au Spinosum n’a pas représenté un gros problème car il s’agit d’une algue qui est plus résistante que la Cottonii et qui pousse plus vite ce qui permet d’avoir une production relativement constante sur l’année et un revenu équivalent à la Cottonii malgré le prix d’achat à la plage légèrement inférieur.
Il est important de noter que la culture de la Cottonii sur le site de la Mer d’Emeraude n’a jamais vraiment décollé pour de multiples raisons mais la principale vient de la difficulté à travailler sur ce site avec des mouvements d’eau très importants spécialement pendant la saison de varatraz et qui occasionne de grosses pertes d’algues pour les fermiers. A cela s’ajoutent des problèmes logistiques contraignants car on ne trouve pas d’eau douce sur ce site, ce qui nous oblige à transporter de l’eau depuis le village de Ramena situé de l’autre côté de la passe d’Antsirananana. De plus, les caractéristiques du site posent de nombreuses contraintes quant à l’installation des tables de séchage et la privatisation des terrains ne nous permet pas de développer l’activité de façon durable. A cela, il faut ajouter l’exposition du site aux fortes houles qui occasionnent des dégâts sur les fermes et la perte du matériel.
Ainsi, la culture de Spinosum a commencé à se développer à compter de Septembre 2006 sur le site mais les problèmes logistiques ne pouvant être résolus, nous avons décidé d’abandonner ce lieu au profit de celui d’Ampasimadera, qui se situe à quelques kilomètres de Nosy Ankao sur la Grande Terre. Le déménagement s’est effectué en janvier 2007 peu après le passage du cyclone Bondo qui avait ravagé le site de la Mer d’Emeraude. Le site d’Ampasimadera est beaucoup plus propice au développement de l’activité avec un site vaste et facile d’accès où il est aisé de cultiver le Spinosum. De plus, sur terre, nous disposons d’eau douce, d’espace pour les tables de séchage et un développement harmonieux du village est possible. Les essais de culture sur ce site avaient démarrés en Avril 2006, laps de temps suffisant pour valider la faisabilité de développer la culture de Spinosum sur ce lieu.


Nous voyons que l’année 2006 n’a pas été très favorable sur ces sites avec une production qui fluctue pour les raisons développées ci dessus. Cependant, le déménagement et le démarrage de la culture sur le site d’Ampasimadera ont marqué un point positif et nous pouvons voir que dès le mois d’avril 2007, la production de Spinosum ne cesse d’évoluer à la hausse. Nous notons une légère baisse en Novembre due à l’apparition d’algues parasites qui ont requis un nettoyage des fermes et des récoltes moins importantes. Le démarrage a lui aussi été un peu long car nous avons eu des problèmes de qualité de boutures dues essentiellement à un manque d’entretien des algues et à un problème de broutage.
Le graphe suivant nous montre l’évolution de la production sur ces deux sites pour les deux années écoulées. Il est important de noter que les algues produites de janvier à août 2006 sont de la Cottonii et qu’ensuite, il s’agit exclusivement de Spinosum.

 

 


Ainsi en 2006, nous avons produit 48 tonnes de Cottonii sur le site de la Mer d’Emeraude ainsi que 9 tonnes de Spinosum. En 2007, nous avons produit exclusivement du Spinosum à hauteur de 76 tonnes sur le site d’Ampasimadera.
Nous observons clairement sur le graphe les différentes fluctuations de la production pour les raisons expliquées précédemment. 2006 est donc une année de transition sur laquelle il est difficile de se référer. Au contraire, 2007 nous montre le démarrage de la culture du Spinosum sur le site d’Ampasimadera avec une augmentation progressive de la production liée aux caractéristiques du site mais aussi à la professionnalisation des fermiers et le travail d’IBIS au travers du suivi technique. De plus, le déménagement sur le site d’Ampasimadera a été bénéfique pour les fermiers car leur production augmente ainsi que leurs revenus. Pour 2008, de nombreux nouveaux fermiers sont attendus sur le site, ce qui devrait nous permettre de faire à nouveau évoluer la production et assurer un développement durable du village, notamment avec la mise en place d’infrastructures de base et le développement de l’outil de production. Le tableau ci dessous nous apporte un complément d’éléments pour mieux analyser l’évolution de la production en relation avec le nombre de fermiers sur les sites ainsi que leurs revenus pour les deux années écoulées.

 

Nous pouvons voir dans le tableau ci dessus que l’année 2006 a été une année de transition avec une production qui fluctue, des fermiers qui partent et qui arrivent et des revenus encore limités. Par contre nous notons que le déménagement sur le site d’Ampasimadera a marqué un tournant et le redémarrage s’est bien déroulé avec une production en hausse en parallèle de l’augmentation du nombre de fermiers sur la fin de l’année 2007, ce qui est bon signe. A cela, nous notons une timide évolution du revenu mensuel moyen par fermier au cours de l’année 2007 mais cela est la conséquence des divers changements qui ont eu lieu notamment la transition Cottonii/Spinosum puis le déménagement sur un nouveau site. Par contre si l’on calcule les revenus sur les 5 derniers mois de l’année 2007, nous notons un revenu mensuel moyen de 48 US$ qui est conforme au revenu obtenu avec la Cottonii sur Nosy Ankao. L’augmentation de la production et du revenu devrait logiquement continuer en 2008 car nous notons déjà l’arrivée de nombreux fermiers depuis janvier et le prix d’achat à la plage a été ajusté en septembre 2007 (de 160Ar/kg à 200Ar/kg) pour inciter les candidats à se lancer dans cette culture.


L’outil de production
Ces deux dernières années, l’outil de production mis à la disposition des fermiers par la société IBIS s’est lui aussi développé pour répondre à la hausse de production et pour satisfaire l’ensemble des producteurs. Ainsi le nombre de catamarans a légèrement augmenté en passant de 100 à 105 catamarans mais il est important de mentionner que la maintenance des catamarans est constante pour maintenir l’ensemble du parc
en fonctionnement. En 2008, nous continuons à construire des catamarans et réfléchissons à la possibilité d’utiliser des bateaux en plastique rotomoulé moins coûteux.
La hausse de production nécessite une augmentation de la surface de séchage. Ainsi, nous augmentons les surfaces année après année et nous sommes passés de 12 126 m² de surface de séchage en 2006 à environ 13 720 m² à la fin de l’année 2007, soit une hausse d’environ 1600 m². Ici également, nous continuons le développement du parc de tables de séchage pour répondre aux besoins de l’activité.
Ci dessous, le tableau nous montre l’état et l’évolution de l’outil de production sur les deux années écoulées pour l’ensemble des sites.


 

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Nosy Ankao

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